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13/03/2019

Post-production with the soundtrack of the documentary "Man Ray et le mystère des mathématiques" co-composed with Arthur Dairaine Andrianaivo (directed by Quentin Lazzarotto)

Man Ray et le mystère des mathématiques (2019, Documentary)
Post-production with the soundtrack of the documentary Man Ray et le mystère des mathématiques co-composed by Régis Campo and Arthur Dairaine Andrianaivo
In 1930's Paris, world-famous surrealist artist Man Ray discovers the mysterious world of mathematicians and creates one of the most important surrealist art piece : The Shakespearian Equations.
Director: Quentin Lazzarotto
Writer: Quentin Lazzarotto
Star: Man Ray

https://www.nebuleuseprod.com/man-ray-et-le-mystere-des-mathematiques?fbclid=IwAR0A_D9absbCtjswiqq5Y99YqEV05obM5PZzE5TY0Q7IKwYXlYgYHY8pCnQ
https://www.imdb.com/title/tt9868718/?ref_=nm_flmg_com_2
Quentin Lazzarotto and team on the film set of Man Ray and the mystery of mathematics

12/03/2019

la dimension pittoresque de Zapp'art - Harmonie Online March 12 2019

"Régis Campo dans Zapp´art (première tchèque) illustre la dimension pittoresque de l'expression de Zappa (...) : Il ne faut pas se figurer aux apparences, la vie est une réévaluation constante."
"Zappovsky do nové sezony" par Wanda Dobrovská - March 12 2019 (Harmonie online)
https://www.casopisharmonie.cz/kritiky/zappovsky-do-nove-sezony.html?fbclid=IwAR3IT5r2VGdzL5y1iHWiWjYuwNMLywGOJEWCVP_U_Nj-EvGwNpAY1USYrsQ





03/03/2019

Zapp-art premiered in Czech by Orchestr BERG & Peter Vrábel - March 11th 2019, Prague

Zapp-art for ensemble (2003, éditions Henry Lemoine) premiered in Czech by Orchestr BERG conducted by Peter Vrábel - March 11th 2019, Prague
Program:
Frank Zappa. Phenomenon. Enfant terrible of the rock avant-garde, fan of Stravinsky and Varèse, free artist without limitations.
Michal Nejtek - novinka (světová premiéra) / new work (world premiere)
Régis Campo - Zapp’art (česká premiéra / Czech premiere)
Frank Zappa - Yellow Shark - výběr / selection (arr. Ali N. Askin)
Orchestr BERG & Peter Vrábel - dirigent / conductor
https://www.facebook.com/events/1297442507060679/https://www.henry-lemoine.com/fr/catalogue/fiche/28014

28/02/2019

Philippe Gueit "Régis Campo, musique contemporaine, musique heureuse" - La Revue littéraire - N°77 March-April 2019


Review of Philippe Gueit "Régis Campo, musique contemporaine, musique heureuse" about the book of Thierry Vagne :

Régis Campo : Musique contemporaine, musique heureuse

Visiblement en recherche d’une partition, Régis Campo entre dans la somptueuse bibliothèque du conservatoire de Marseille, là où je donne mes cours. Retrouvailles amicales chaleureuses, comme à chaque fois, et la conversation part rapidement sur ses projets, sur la musique de Takemitsu, sur la qualité des partitions pour le cinéma de Bernard Herrmann, sur ses rencontres émerveillées lors des séances de l’Académie des beaux-arts dont il fait partie depuis 2017, sur les tendances actuelles de la création parisienne, avant que Régis ne se mette au piano pour improviser avec un mimétisme prodigieux dans le style d’un de ses confrères, et avant que cet échange foisonnant ne doive hélas s’achever devant la mine impatiente de l’élève arrivé entretemps, surtout inquiet devant le retard que prend son rendez-vous.
C’est dans de telles occasions malheureusement trop rares que se ressent en direct la vie véritable de l’art musical d’aujourd’hui, tel qu’il vibre au travers des idées, des inspirations, des imprévus, des bonheurs …
Or ce sont aussi de tels moments qu’évoque très fidèlement le nouveau livre de Thierry Vagne, « Régis Campo, musique de l’émerveillement », paru aux éditions Aedam Musicae, dans son choix délibéré de présenter le compositeur au travers d’un ouvrage de 260 pages bardé de citations, d’entretiens, d’exemples musicaux, de photos, de catalogues, d’analyses … Une telle constatation pourrait faire craindre un aspect « fourre-tout », mais pourtant ce qui frappe à la lecture de cette somme est la cohérence de l’ensemble, qui amplifie la simple description dans tous ses aspects d’un de nos auteurs les plus appréciés sur la scène internationale.
Depuis plus d’une soixantaine d’années, l’amateur curieux de musique contemporaine a eu en effet à sa disposition des quantités de recueils, allant de biographies détaillées retraçant le travail artisanal de tel ou tel artiste jusqu’à des analyses de partitions nouvelles parfois extrêmement pointues (et parfois même mathématiques lorsque la période était à une justification terriblement « scientifique » de la création musicale). Ces parutions ont reflété les spéculations qui ont sous-tendu le cheminement de la musique savante, et le mélomane peut ainsi comprendre ce qui s’est tramé en arrière-plan des œuvres qu’il a découvertes avec une surprise fréquente, ou au contraire avec lassitude.
Régis Campo a vécu ces années en se confrontant aux influences diverses, dont il nous parle sans détour, jusqu’à ses enseignants parisiens férus de musique spectrale. Mais l’hommage qu’il rend préalablement à l’ouverture d’esprit liée à son professeur marseillais de jeunesse Georges Boeuf nous explique la liberté absolue qu’il revendique à l’égard de sa volonté musicale authentique, indépendante de quelque coterie que ce soit.
On comprend d’emblée que Régis Campo s’est nourri d’une curiosité dévorante, d’ailleurs pas seulement dans le domaine musical. Parallèlement, malgré l’aisance dans la trame du discours, on devine le travail acharné et la détermination absolue dont le jeune auteur a fait montre. Il y a aussi des admirations profondes de sa part, comme pour Henri Dutilleux dont on suit passionnément les échanges épistolaires et l’appui déterminant.
Au fil des pages, on en arrive ainsi à une construction exhaustive de tout ce qui fait la singularité enthousiasmante de Régis Campo : il pratique un art dégagé de toute emprise d’école, puisant ses sources dans le passé mais aussi dans tous les domaines des musiques actuelles, et les transmuant en un langage personnel d’une inventivité, d’une vitalité et d’une palpitation uniques. Dans le silence de la lecture, on finit même par éprouver ce qui fait aussi la marque de sa musique, c’est-à-dire le soin constant apporté à la qualité purement sonore, aux orchestrations et à la séduction immédiate de ses œuvres, qui détermine également le succès immédiat que ses nouvelles pages rencontrent dans le monde musical d’un continent à l’autre.
Doit-on en déduire que Régis Campo prolifère avec bonheur dans un genre uniquement distrayant, coloré, expansif, ce qui, honnêtement, n’était pas gagné d’avance lorsqu’on parlait jadis de « musique contemporaine » ? Ce serait aller vite en besogne. Car si l’auteur s’amuse en privé des sourires qu’il a pu provoquer dans le milieu culturel parisien en se présentant comme « marseillais », cette surface joyeuse recouvre en réalité une profondeur et une émotion qui affleurent à la lecture de l’émouvant hommage rendu au compositeur Frédérick Martin. On comprend alors qu’il faut sans doute aller chercher plus avant dans la personnalité de Régis Campo pour cerner en vérité l’âme de son œuvre, et que les impressions durables que provoquent ses créations sont dues à des ressorts infiniment plus subtils. On sait aujourd’hui que Mozart ne se limite pas à une perruque poudrée et que la partie de cartes ne masque pas la tragédie humaine qui se déploie dans la trilogie de Pagnol.
Au-delà d’une simple biographie, voici donc que cette parution vient combler le manque d’un repère d’étape sur le chemin de la musique contemporaine, à savoir le récit de notre époque actuelle où des auteurs, dégagés de toute école contraignante, créent leur monde personnel parfois à coup de synthèse (comme le pressentit Messiaen dans ses œuvres ultimes), tout en affirmant leur personnalité sincère et leur originalité, dans le souci pudique d’une qualité d’écriture constamment rigoureuse. Cet ouvrage fera ainsi date dans la lignée des témoignages qui nous guident dans la compréhension de l’évolution de la musique en tant qu’art majeur.
Pour résumer, ce livre se lit avec une gourmandise évidente, il se relit aussi, tant les éléments d’information sont nombreux et captivants, il se déguste enfin, en appréciant tout ce qui permet d’approfondir non seulement l’immense talent d’un compositeur brillant mais aussi la musique de notre temps, dans ce qu’elle a de plus exaltant et de plus heureux. Grâce en soit rendue à Régis Campo pour la liberté de ce qu’il livre, et à l’auteur Thierry Vagne pour ce travail volumineux, cultivé, distrayant , savant et accessible.


Philippe GUEIT 

Pianiste concertiste, organiste titulaire de la Cathédrale de Marseille et homme de radio, Philippe Gueit est professeur de lecture à vue et d’orgue au Conservatoire de Marseille. La Revue littéraire - N°77 mars-avril 2019 (éditions Léo Scheer)


will be released soon
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23/02/2019

Etienne Kippelen speaks about humor in Régis Campo's music - February 19th 2019 RTS Radio Swiss


The French composer Etienne Kippelen speaks about humor in Régis Campo's music - February 19th 2019
RTS Radio Swiss - Broacast Versus presented by David Christoffel.
Régis Campo : String Quartet #2 by Quatuor Diotima
Podcast :
https://www.rts.ch/play/radio/versus-ecouter/audio/les-plaisanteries-les-plus-courtes---?id=10193858

Les plaisanteries les plus courtes...
En marge de leurs grandes œuvres sérieuses, les compositeurs des dernières décennies jouent avec le langage et assume quelquefois l'humour. En cherchant les partitions qui tournent à la plaisanterie, le musicologue Etienne Kippelen a pu constater que bien des compositeurs deviennent amusants ou caustiques à partir du moment où ils mettent l'émotion à distance. En dirigeant un ouvrage collectif sur L'humour en musique (Presses Universitaires de Provence, 2016), Etienne Kippelen a pu s'apercevoir que la limite est parfois mince entre l'humour et la résistance à exprimer des sentiments. Mais au-delà des motivations psychologiques de chacun, une sorte de principe ressort: en musique, comme dans la vie, les plaisanteries les plus courtes sont souvent les meilleures.
Par David Christoffel à Paris
Invités en direct: Etienne Kippelen à Paris

21/02/2019

"Grand dépoussiérage sous la coupole" - Le Journal des Arts by Christine Coste - February 21th 2019

"Un dynamisme retrouvé.
(...) L’élection dans la section membres libres de l’historien de l’art et écrivain Adrien Goetz et celle de Bruno Mantovani et de Régis Campo dans la section composition musicale ont consolidé le coup de jeune à la compagnie apportée par Fabrice Hyber et Jean-Michel Othoniel. Élections et installations se succèdent depuis deux ans à un rythme soutenu. Du jamais vu.(...) Reconnecter l’Académie avec le monde.
Avec ce renouvellement en profondeur et cet élargissement des profils, les séances du mercredi ont pris en peu de temps une autre figure. Les rangs sont moins clairsemés et les implications plus grandes pour reconnecter l’Académie des beaux-arts avec le terrain. Une remise à plat et une meilleure dotation des prix, bourses ou résidences attribués par l’institution aux artistes est en cours. Les débats autour du sens qu’il y a aujourd’hui à différencier la section peinture de la section sculpture mobilisent tout autant et la question de les regrouper sous l’appellation « arts plastiques » soulève des protestations. Reste que le recrutement des nouveaux venus difficilement classables dans l’une ou l’autre catégorie la pose. Le dialogue réamorcé de son côté par Laurent Petitgirard avec tout ce que compte Paris en personnalités influentes, notamment en politique, tend de son côté à tisser des liens. Depuis juin 2017 se sont ainsi succédé François Hollande, Nicolas Sarkozy, les ministres Jean-Michel Blanquer, Bruno Le Maire, Nicole Belloubet, Claudia Ferrazzi (conseillère culture d’Emmanuel Macron), Valérie Pécresse et Jacques Toubon.(...) Les discours en séances plénières de l’ancienne ministre de la Culture Françoise Nyssen et de Ségolène Royal, les contacts noués par Laurent Petitgirard avec l’actuel ministre de la Culture Franck Riester renforcent le sentiment d’être à nouveau considéré, voire écouté : la dépêche de l’AFP mentionnant que le ministre de la Culture se rangeait derrière l’avis de l’Académie des beaux-arts sur la question de la restitution du patrimoine culturel africain n’a pas manqué d’être remarquée."
Grand dépoussiérage sous la coupole par Christine Coste21 février 2019 - Le Journal des Arts
Article complet/entire article : https://www.lejournaldesarts.fr/creation/grand-depoussierage-sous-la-coupole-143096













12/02/2019

"Le Grand Entretien" Régis Campo - Radio Provence Classique February 11th-15th 2019



Le Grand Entretien de Provence Classique

Régis Campo, compositeur contemporain (1/5)
Présentée par Philippe Gueit
Lundi 11 Février à 19H45


Great Applause for "Heartbeats" (World Premiere) with OSM conducted by Kent Nagano - February 10th 2019

"Régis Campo, un réputé compositeur français dont l’oeuvre accompagnait dimanche le court-métrage Nails, de Phillip Borsos, avait une tâche plus simple : des images d’automation et de révolution industrielle sur la fabrication des clous. Loin de la Fonderie d’acier de Mossolov, Battements de coeur établit une sorte de triangle esthétique entre un mouvement perpétuel, le 1er mouvement de la 1re Symphonie de Dutilleux et le langage de Philip Glass. De ce point de vue, l’intention de l’auteur de créer un pont avec Brahms est accomplie puisque, justement, le 1er volet de Dutilleux est une Passacaille, comme le finale de la 4e Symphonie. Campo répète alors que Brahms varie davantage, mais la proposition est pertinente et la facture impeccable."
Christophe Huss, Le Devoir, February 11th 2019










02/02/2019

Régis Campo : 'Hommage à Georges Cziffra' for piano (62nd Ferruccio Busoni Competition 2019)

Régis Campo : Hommage à Georges Cziffra for piano - from list of recent piano works for the semifinals of the for the 62nd Ferruccio Busoni Competition 2019
To see the score please click here :
https://fr.calameo.com/read/0045270214fb85ea64955
Website Ferruccio Busoni Competition :click here
Youtube : Hommage à Georges Cziffra played by Zoltán Kocsis :click here




01/02/2019

Une très brève histoire de l’opéra, de L'Orfeo à Régis Campo - Thierry Vagne - Mercredi 6 février 2019



Le Club de lecture - Mercredi 6 février 2019 à 19 heures
Penthouse Luxembourg, 230 boulevard Raspail, 75014 Paris Code B491 (Rez-de-chaussée, Porte au fond du hall à droite1ère partie présentée par Thierry Vagne : Une très brève histoire de l’opéra, de L'Orfeo à Régis Campo - à propos du livre Régis Campo - Musique de l'émerveillement de Thierry Vagne (Éditions Aedam musicae - 2018)2ème partie : présentée par Simone Scemla : Nos richesses de Kaouther Adimi - Prix Renaudot des Lycéens - Livre de poche.

22/01/2019

Orchestre de Cannes plays the "Ouverture en forme d’étoiles" - Théâtre Croisette - Cannes - France - February 3rd 2019 4:30 pm



DE SON PROPRE CHEF
CAMPO / BRUCH / WAGNER / SCHUBERT

Benjamin Levy a choisi de placer les musiciens de l’Orchestre au cœur de ce concert… sans chef  d’orchestre ! Fraternité musicale, dialogue et écoute seront les maîtres-mots de cette représentation au cours de laquelle la violoniste Alexandra Soumm, artiste associée de l’Orchestre, interprétera le lumineux et très romantique Concerto n°1 pour violon de Bruch.

PROGRAMME: 
RÉGIS CAMPO

Ouverture en forme d’étoiles
MAX BRUCH
Concerto n° 1 pour violon et orchestre en sol mineur, op. 26 (ALEXANDRA SOUMM, violon)
RICHARD WAGNER 
Prélude de Tristan et Iseult – arrangement pour orchestre à cordes
FRANZ SCHUBERT 
Symphonie n°3 en ré majeur, D. 200

DIMANCHE 3 FÉVRIER 2019 | 16:30
THÉÂTRE CROISETTE – CANNES

Colloque in Conservatory of Paris with Régis Campo : Composing and History - January 30th 2019 - 9:30 am

January 30th 2019 - 9:30 am 
Conservatoire de Paris, salle d'orgue
With the French composers : Benjamin ATTAHIR, Régis CAMPO et Raphaël CENDO
moderating by Michèle TOSI

14/01/2019

New work in Montréal : Heartbeats for orchestra with Orchestre Symphonique de Montréal and Kent Nagano (February 10th 2019)



February 10th 2019 : Escapade in Montréal for New Heartbeats !! 
With the marvelous Orchestre Symphonique de Montréal conducted by Maestro Kent Nagano - Maison Symphonique, Montréal, Québec
cliquer sur le lien / click here
Program note in French of the composer : 
"... Et j'écris Heartbeats (Battements de cœur) pour orchestre sous l'impulsion de mes tous récents grands battements de cœur : Dancefloor With Pulsing pour thérémine et orchestre (transe martienne hypnotique) et mon hommage orchestral à Ennio Morricone : Un Omaggio affettuoso ed excentrico al Maestro Morricone. Heartbeats est une œuvre-pulsation, charnelle; elle est basée sur une simple A.D.N. de sept accords. Écrite et dédiée au Maestro Kent Nagano et à l'Orchestre Symphonique de Montréal, cette passacaille (mais une passacaille rapide et claire) illustre ma quête romantique de la Joie, en blanc majeur. La pulsation cardiaque n'est pas une affaire sentimentale... Et du simple mouvement de notre corps, l'émotion surgit enfin..."
Régis Campo, novembre 2018, Bruxelles




Q. Vous aviez le choix parmi plusieurs court-métrages de l'ONF et vous avez choisi Nails, un film de 1973 réalisé par Phillip Borsos. Pourquoi?

R. On sent une réelle énergie dans ce documentaire retraçant la vie d'une usine qui fabrique des clous. C'est comme un battement de cœur, comme la vie interne d'un corps humain et cela semblait bien coller avec ma musique, qui est très souvent basée sur la pulsation, sur une énergie rythmique et émotionnelle.

Q. Avec ce projet de mise en musique de l’image, l’OSM désirait réunir deux arts qui se rencontrent certes fréquemment, mais rarement d’une façon qui consiste à réécrire la musique d’un film vieux de plusieurs décennies. Comment s’est déroulé pour vous le processus d’écriture?

J’ai beaucoup regardé les images et j’ai essayé de m’imprégner de la vie et du tempo de cette usine. Lorsque je visionnais le court-métrage, je coupais le son pour essayer d’imaginer ma propre musique. Ensuite, je me suis mis à composer sans regarder le documentaire, en me souvenant de cette énergie brute. Déjà en 1927, Les fonderies d’acier pour orchestre d’Alexandre Mossolov exprimait les mouvements mécaniques des machines dans les usines soviétiques. Mais je voulais rajouter dans mon œuvre Heartbeats un esprit libre, ludique et même joyeux, qui représente pour moi l’époque du film, celle des années 70. Par moments, j’ai utilisé des orchestrations un peu étranges, des instruments de percussion qui peuvent faire penser aux bruits que font ces machines avec leurs mouvements répétitifs, des sortes de patterns qui tournent. Au début de la partition, j’ai ajouté l’indication : « avec exubérance ». Il y a une forme de folie jubilatoire, que l’on ressent fortement lorsqu’on voit ces images avec cette fabrication de clous qui ne s’arrête jamais!Pour chaque projet avec le maestro Kent Nagano, on a toujours envie de faire ensemble quelque chose d’original et de fou, ainsi que de proposer au public montréalais quelque chose de vraiment atypique.

Q. Un projet comme celui-ci n’étant pas commun, quel genre de défis peut-on y rencontrer ?

R. Le plus difficile, c’est d’une part que la musique colle aux images et d’autre part, qu’elle demeure à la fois très simple, mais aussi sophistiquée. Il faut que la musique suive un processus naturel et qu’elle laisse de l'espace afin que les images puissent respirer en même temps.Le fait d’être un passionné de musiques de film m’a montré que souvent la musique qui sert l’image, doit partir de motifs très simples. C’est le cas ici avec Heartbeats puisque finalement, j'ai bâti cette partition sur uniquement sept accords qui s’enchaînent obsessionnellement. Comme la passacaille de la Quatrième symphonie de Brahms, où toute la science du compositeur consiste à varier la musique à travers un matériel thématique finalement très réduit. J’aime beaucoup le motif que j’ai utilisé dans toute ma pièce, qui est basée sur la tierce majeure.

Q. Vous évoquez la Quatrième symphonie de Brahms, est-ce par hasard ? Car celle-ci sera interprétée lors du même concert que votre œuvre.

R. C’est drôle parce que je me suis aperçu après coup que le dernier mouvement de cette symphonie de Brahms, qui est mon mouvement préféré, rejoint un peu l'esprit de ma pièce. Heartbeats suit une dramaturgie qui va de crescendos en crescendos vers un grand tutti orchestral.

Q. Quelle avenue préconiserez-vous pour le synchronisme entre l’orchestre et le film? Quels seront les outils donnés au chef d’orchestre et celui-ci aura-t-il une certaine liberté ?

R. J'ai donné une grande liberté de synchronisation. La musique commence au tout début des images, mais par moments, il y a des points d’orgue qui permettent à l’orchestre de respirer. Il n’y a donc pas une synchronisation absolue qui serait trop contraignante. Je pense à la musique de film Alexandre Nevski, de Prokofiev : c’est une musique qui peut très bien s’écouter sans les images. Au cinéma j'aime aussi que la musique « coule » longuement à travers les images et les différentes scènes. Notamment dans les merveilleux films de Terrence Malick qui utilise très adroitement la musique classique et la musique contemporaine, comme l'a d'ailleurs fait Stanley Kubrick.

Q. En terminant, qu’aimeriez-vous ajouter ?

R. Une chose importante, c’est que j’ai dédié l’œuvre au maestro Kent Nagano, mais aussi aux musiciens de l’orchestre que j’admire énormément. À travers cet exercice de style, je voulais rendre hommage à beaucoup de pupitres de l’orchestre. C'est un orchestre formidable et impliqué dans les créations de nouvelles œuvres de compositeurs d’aujourd’hui. L'orchestre suit le battement de cœur de notre époque et de nos vies !

(propos recueillis par Gabriel Paquin-Buki, pour l'Orchestre Symphonique de Montréal pour le programme du concert)

03/01/2019

radio show recorded live :




Licht ! Un hommage à Gérard Grisey for accordéon 
composed by Régis Campo and performed by duo Xamp (Fanny Vicens, Jean-Etienne Sotty)
Générations France Musique, le live 
by Clément Rochefort (France Musique)
January 5th 2019 (4 p.m.- 6 p.m.) Théâtre de l'Alliance française, Paris