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Propos recueillis par Alain Cochard, le 28 août 2026

RĂ©gis Campo : « J'avais un trac fou avec mon Delirium Scherzo, comme si je passais mon propre concours de composition ! »

« J'ai adorĂ© composer pour le Quatuor ZaĂŻde : quatre musiciennes dynamiques, solaires et Ă  mon Ă©coute. »

« J’aime profondĂ©ment quand la musique circule, quand les choses ne sont pas figĂ©es dans le marbre. »

 « Je reste un provincial dans l'Ăąme et je me sens immĂ©diatement chez moi dans une ville Ă  taille humaine comme Besançon. »

« Il est fascinant d’observer la jeunesse pour comprendre comment elle perçoit le monde et comment ses oreilles fonctionnent. »

 « Avec FootboxG, je sais que je vais cĂŽtoyer un incroyable Ă©lectron libre ; sa partie soliste lui laissera d'ailleurs un magnifique espace de libertĂ©. »

 « J’adore les Belges — tout comme les QuĂ©bĂ©cois d'ailleurs ! — car ils font preuve d'une gĂ©nĂ©rositĂ© et d'une inventivitĂ© folles. »



RÉGIS CAMPO AU FESTIVAL INTERNATIONAL DE MUSIQUE DE BESANÇON – UNE RÉSIDENCE HEUREUSE

Une interview de Régis Campo


Depuis 2024, RĂ©gis Campo est artiste en rĂ©sidence auprĂšs du Festival international de musique de Besançon. Un pĂ©riode extrĂȘmement enrichissante pour le compositeur, tant sur plan musical qu’humain. Son terme approche puisque le nom de celui ou celle qui lui succĂ©dera sera connu d’ici peu. Pour l’heure, la 79e Ă©dition du festival bisontin approche, qui offrira du 11 au 21 septembre diverses occasions d’Ă©couter la musique d’un crĂ©ateur fonciĂšrement libre. 


Lorsque Jean-Michel MathĂ©, directeur du festival, a proposĂ© Ă  RĂ©gis Campo de devenir compositeur en rĂ©sidence, il disposait de solides atouts pour obtenir une rĂ©ponse positive de sa part. Le musicien ne pouvait qu’ĂȘtre sensible Ă  l’Ă©cosystĂšme dans lequel s’inscrit le festival. « Il y tout un univers autour de Besançon, rappelle R. Campo : des formations symphoniques telles que l’Orchestre Victor-Hugo, que dirige Jean-François Verdier, l’Orchestre de Stuttgart, L'Orchestre Symphonique Bienne Soleure et la Deutsche Philharmonie SaarbrĂŒcken Kaiserslautern, des ensembles de musique contemporaine comme Ars Nova et Les Apaches, sans oublier une formation de chambre telle que le Quatuor ZaĂŻde et des solistes : Romain Leleu par exemple. Une vĂ©ritable galaxie de possibilitĂ©s. »


L’une des importantes crĂ©ations de votre rĂ©sidence aura Ă©tĂ© la piĂšce destinĂ©e Ă  la finale du 59e Concours de Besançon : Delirium Scherzo.(1) Comment les choses se sont-elles passĂ©es s’agissant de l’Ă©laboration de cette partition ?


Je dois avouer que c’est une Ɠuvre qui m’a mis Ă©normĂ©ment de pression ! J’avais de nombreuses contraintes Ă  respecter, Ă  commencer par l’effectif, celui d’un grand orchestre symphonique. Il fallait une composition d’un seul tenant, d’une virtuositĂ© qui mette immĂ©diatement Ă  l'Ă©preuve le mĂ©tier et la technique des trois chefs finalistes. Afin que l’auditeur soit instantanĂ©ment happĂ©, j’ai ciselĂ© l’architecture : des crescendos successifs, sans aucun retour en arriĂšre et surtout sans ce moment de flottement au centre du morceau — ce « ventre mou » dont souffrent tant de piĂšces contemporaines. Pas de ventre mou, pas de tunnel mais une grande folie orchestrale purement ascensionnelle !


Et vous avez tenu parole !


Je voulais que Delirium Scherzo s’inscrive dans la mĂȘme lignĂ©e que Dancefloor with Pulsing, mon concerto pour thĂ©rĂ©mine et orchestre créé en 2019. Cette derniĂšre Ɠuvre a d'ailleurs Ă©tĂ© reprise au festival l’an passĂ© et s'apprĂȘte Ă  traverser l'Atlantique pour ĂȘtre jouĂ©e dans l’État de New York ce mois-ci. À Besançon, j’Ă©tais un peu en concurrence avec moi-mĂȘme. J'avais un trac fou avec mon Delirium Scherzo, comme si je passais mon propre concours de composition !

Ce que j’ai profondĂ©ment apprĂ©ciĂ©, c’est la rencontre avec les trois finalistes. Nous nous sommes retrouvĂ©s tous les quatre autour d'une table pour analyser la partition, en oubliant presque le contexte de la compĂ©tition. C'Ă©tait un vrai bonheur d'Ă©changer avec ces jeunes interprĂštes. Je leur disais : « Je sais bien qu’il n’y aura qu’un seul Grand Prix, c’est la rĂšgle du jeu, mais le plus important est que vous preniez tous les trois du plaisir Ă  diriger cette Ɠuvre. C’est un cadeau que j’espĂšre vous faire, mais que je souhaite aussi offrir au public. » 


Était-ce la premiĂšre crĂ©ation de votre rĂ©sidence ?


Oui, on peut le dire, mĂȘme si des projets passionnants avaient dĂ©jĂ  vu le jour avec les Ă©lĂšves du Conservatoire de Besançon. Quant Ă  cette Ă©dition 2026 du festival, le Quatuor ZaĂŻde y donnera les 12 et 13 septembre My Beautiful Time, mon 8e quatuor Ă  cordes. C'est le fruit d’une co-commande du Festival de Besançon et du Festival du PĂ©rigord Noir dirigĂ© par Jean-Luc SoulĂ©, oĂč la piĂšce a Ă©tĂ© créée en juillet dernier. J'ai adorĂ© composer pour le Quatuor ZaĂŻde : quatre musiciennes dynamiques, solaires et Ă  mon Ă©coute.


L’objectif d'une rĂ©sidence est de proposer des nouveautĂ©s, mais aussi des reprises ou des réécritures. Romain Leleu a par exemple eu un tel coup de foudre pour Pagamania ! — Ă©crite Ă  l'origine pour accordĂ©on — qu'il m'a demandĂ© une adaptation pour trompette et cordes. Pour son sextuor, j’ai Ă©galement rĂ©arrangĂ© The Eccentric Concerto pour le programme « Nuit Fantastique » du 19 septembre. C'Ă©tait un formidable dĂ©fi : rĂ©pondre Ă  son envie de disposer de piĂšces qu’il puisse reprendre dans le cadre de concerts non pas spĂ©cialisĂ©s en musique contemporaine, mais largement ouverts Ă  tous les rĂ©pertoires. 

Je suis trĂšs liĂ© Ă  deux compositeurs, Gabriel Yared et Vladimir Cosma. Nous nous aimons beaucoup et nous nous voyons souvent. Je constate qu’eux-mĂȘmes rĂ©adaptent constamment leurs partitions pour le concert, pour en faire des piĂšces au format assez court. Mais le processus peut parfois s’inverser ! Vladimir avait Ă©crit un concerto pour violon trĂšs court, de 8 ou 9 minutes, pour le film La SeptiĂšme Cible (1984) de Claude Pinoteau, avec Lino Ventura. Il en ensuite tirĂ© une version de concert pour finalement aboutir Ă  un vĂ©ritable concerto d’une demi-heure.


Auriez-vous, vous aussi, des projets d’extension de certaines piĂšces ?


Oui, tout Ă  fait, Ă  commencer par le quatuor Ă  cordes que je mentionnais Ă  l'instant. Benjamin LĂ©vy, qui vient de prendre la direction de l’Orchestre du Pays Basque, m’a fait part de son envie de le programmer en version orchestrale. Je vais certainement en faire l’adaptation. J’aime profondĂ©ment quand la musique circule, quand les choses ne sont pas figĂ©es dans le marbre. C’est exactement le parcours de Pagamania !, qui s'est mĂ©tamorphosĂ© au fil de quatre disques et quatre versions diffĂ©rentes : d'abord enregistrĂ©e pour accordĂ©on par ThĂ©o Ould, puis gravĂ©e dans sa version pour violon par Fanny Stefanelli, avant de donner lieu Ă  une version pour clavecin et Ă©lectronique par Luca Quintavalle, et enfin Ă  une version pour piano et toy piano par Yoko Yamada en vue d'un futur disque autour de ma musique. Cette toute nouvelle dĂ©clinaison pour trompette et cordes avec Romain Leleu s'inscrit magnifiquement dans cette lignĂ©e.


Vous avez auparavant Ă©voquĂ© des Ɠuvres que vous avez Ă©crites, ou réécrites/adaptĂ©es, durant votre rĂ©sidence Ă  Besançon. Pourriez-vous me parler de la maniĂšre dont les choses se sont passĂ©es sur le terrain, des rencontres que vous avez faites, etc. ?


J’ai sĂ©journĂ© trĂšs souvent Ă  Besançon au cours des deux annĂ©es passĂ©es. Le directeur du festival, Jean-Michel MathĂ©, et toute son Ă©quipe se sont rĂ©vĂ©lĂ©s des guides irremplaçables. J’ai adorĂ© flĂąner dans la ville. Le festival y est extrĂȘmement populaire : beaucoup de spectateurs m’abordaient spontanĂ©ment pour me parler de la piĂšce du concours ou d’autres partitions. C’Ă©tait d'une immense convivialitĂ©. Étant originaire de Marseille, mĂȘme si je vis Ă  Paris, je reste un provincial dans l'Ăąme et je me sens immĂ©diatement chez moi dans une ville Ă  taille humaine comme Besançon.

J'ai d'ailleurs une petite anecdote Ă  ce sujet : je suis entrĂ© un jour chez un bouquiniste et je suis tombĂ© sur l'ouvrage consacrĂ© Ă  Messiaen dans la collection « Musiciens de tous les temps » chez Seghers. Je l'ai achetĂ© et, en l’ouvrant chez moi, j'ai dĂ©couvert qu’il portait une dĂ©dicace manuscrite... d’Olivier Messiaen lui-mĂȘme ! Je me suis dit que mĂȘme Ă  Besançon, ce compositeur continuait de me courir aprĂšs. Je pense souvent Ă  lui, Ă  son cĂŽtĂ© si... « oiseau ».


(Note de la rĂ©daction : À l’AcadĂ©mie des Beaux-Arts, RĂ©gis Campo siĂšge depuis 2017 au fauteuil 7 de la section de composition musicale, prĂ©cĂ©demment occupĂ© par Olivier Messiaen, Marius Constant et Charles Chaynes.)


Travailler avec le Conservatoire de Besançon a Ă©tĂ© un bonheur : son directeur et ses professeurs se sont montrĂ©s trĂšs ouverts. Plusieurs de mes Ɠuvres y ont ainsi fait l'objet d'adaptations. Mes piĂšces pour jeunes pianistes, Galaxies, ont notamment Ă©tĂ© arrangĂ©es pour diverses configurations inĂ©dites. Ce furent autant d'occasions de collaborer avec de tout petits enfants ou des adolescents au dĂ©but de leur parcours. C'est une expĂ©rience unique : j’adore l’enseignement ! J’anime d'ailleurs depuis plus de vingt ans une classe de composition au mythique Conservatoire de Marseille, un Ă©tablissement qui fait preuve d'un dynamisme et d'une originalitĂ© incroyable. Il est fascinant d’observer la jeunesse pour comprendre comment elle perçoit le monde et comment ses oreilles fonctionnent. Je leur fais Ă©couter mes toutes derniĂšres compositions et j’observe leurs rĂ©actions. Ils font preuve d’une habiletĂ© et d’une dĂ©brouillardise Ă©tonnantes. De plus, ils ont aujourd'hui accĂšs Ă  tant de choses grĂące Ă  Internet et aux rĂ©seaux sociaux, des outils qui n’existaient pas quand nous avions quinze ans !


Quels sont vos projets dans un futur proche ?


AprĂšs la crĂ©ation, en septembre Ă  Bozar, de la nouvelle version de Neanderthal Time par la fantastique harpiste AnaĂŻs Gaudemard, je termine actuellement une Ɠuvre pour le prochain Festival Ars Musica de Bruxelles. Ce projet fou m’a Ă©tĂ© soufflĂ© par son directeur artistique, Patrick Leterme : un beatbox concerto qui associera un orchestre Ă  cordes — le Listening Orchestra — et le beatboxer belge FootboxG, cĂ©lĂšbre dans le monde entier. C’est un rendez-vous crucial pour moi, car il va attirer un trĂšs large public et provoquer une vraie rencontre avec la crĂ©ation d'aujourd’hui. Avec FootboxG, je sais que je vais cĂŽtoyer un incroyable Ă©lectron libre; sa partie soliste lui laissera d'ailleurs un magnifique espace de libertĂ©.



Quand la crĂ©ation interviendra-t-elle ? 


Le Beatbox Concerto sera d’abord donnĂ© le 30 novembre Ă  LiĂšge, puis le 2 dĂ©cembre dans un lieu atypique : le Botanique, Ă  Bruxelles, une scĂšne rock, pop et hip-hop. C'est une excellente chose que la musique contemporaine s'invite ainsi dans des espaces inattendus du quotidien, lĂ  oĂč tous les publics se croisent. Et puis, j’adore les Belges — tout comme les QuĂ©bĂ©cois d'ailleurs ! — car ils font preuve d'une gĂ©nĂ©rositĂ© et d'une inventivitĂ© folles. Ils viennent spontanĂ©ment Ă  notre rencontre et bousculent les codes.


Propos recueillis par Alain Cochard, le 28 août 2026


(1) https://www.concertclassic.com/article/59e-concours-international-de-jeunes-chefs-dorchestre-de-besancon-lasie-en-force-compte


translation in English :

(1) One of the major creations of your residency was the piece written for the final of the 59th Besançon Competition: Delirium Scherzo. How did the development of this score come about?
I must admit, this work put an enormous amount of pressure on me! I had many constraints to respect, starting with the instrumentation—that of a large symphony orchestra. It needed to be a single-movement piece, with a level of virtuosity that would immediately test the skill and technique of the three finalist conductors. To ensure the listener was instantly gripped, I carefully sculpted the architecture: successive crescendos, with no turning back and, above all, without that moment of hovering in the center of the piece—that "soft underbelly" from which so many contemporary works suffer. No soft underbelly, no dead zones, but rather a great, purely ascending orchestral madness!
And you kept your word!
I wanted Delirium Scherzo to be in the same vein as Dancefloor with Pulsing, my concerto for theremin and orchestra premiered in 2019. In fact, that piece was performed again at the festival last year and is about to cross the Atlantic to be played in New York State this month. In Besançon, I was somewhat competing with myself. I was incredibly nervous about my Delirium Scherzo, as if I were entering my own composition competition!
What I deeply appreciated was meeting the three finalists. The four of us sat down around a table to analyze the score, almost forgetting the competitive context. It was a true joy to exchange ideas with these young performers. I told them: "I know there will only be one Grand Prix—that's the nature of the game—but the most important thing is that all three of you find pleasure in conducting this work. It's a gift I hope to give you, but one that I also wish to offer to the audience."
Was this the first creation of your residency?
Yes, you could say that, even though some fascinating projects had already come to life with the students of the Besançon Conservatoire. As for this 2026 edition of the festival, the ZaĂŻde Quartet will perform My Beautiful Time, my 8th string quartet, on September 12 and 13. It is the result of a co-commission by the Besançon Festival and the Festival du PĂ©rigord Noir—directed by Jean-Luc SoulĂ©—where the piece was premiered last July. I absolutely loved composing for the ZaĂŻde Quartet: four dynamic, radiant musicians who were incredibly attentive to my vision.
The goal of a residency is to offer new works, but also revivals or rewrites. For instance, Romain Leleu fell so deeply in love with Pagamania!—originally written for accordion—that he asked me for an adaptation for trumpet and strings. For his sextet, I also rearranged The Eccentric Concerto for the "Nuit Fantastique" program on September 19. It was a wonderful challenge: responding to his desire to have pieces he could perform in concerts that are not exclusively dedicated to contemporary music, but widely open to all repertoires.
I am very close to two composers, Gabriel Yared and Vladimir Cosma. We are very fond of each other and see each other often. I notice that they themselves are constantly adapting their scores for concerts, turning them into relatively short formats. But sometimes, the process can be reversed! Vladimir had written a very short violin concerto, lasting 8 or 9 minutes, for Claude Pinoteau’s film La SeptiĂšme Cible (1984), starring Lino Ventura. He then extracted a concert version from it, eventually expanding it into a full, half-hour concerto.
Do you also have plans to expand some of your pieces?
Yes, absolutely, starting with the string quartet I just mentioned. Benjamin LĂ©vy, who has recently taken over the leadership of the Orchestre du Pays Basque, expressed his desire to program it in an orchestral version. I will certainly create that adaptation. I deeply love it when music circulates, when things are not set in stone. That is exactly the journey Pagamania! has taken, metamorphosing across four albums and four different versions: first recorded for accordion by ThĂ©o Ould, then captured in its violin version by Fanny Stefanelli, before leading to a version for harpsichord and electronics by Luca Quintavalle, and finally a version for piano and toy piano by Yoko Yamada for an upcoming album dedicated to my music. This brand-new variation for trumpet and strings with Romain Leleu fits beautifully into that lineage.
You previously mentioned works you have written, or rewritten/adapted, during your residency in Besançon. Could you tell me how things went on the ground, the encounters you had, etc.?
I stayed in Besançon very often over the past two years. The festival director, Jean-Michel Mathé, and his entire team proved to be irreplaceable guides. I loved strolling through the city. The festival is extremely popular there: many audience members would spontaneously approach me to talk about the competition piece or other scores. It was immensely warm and friendly. Coming from Marseille, even though I live in Paris, I remain a provincial at heart, and I immediately feel at home in a human-scaled city like Besançon.
In fact, I have a little anecdote about this: one day, I walked into a second-hand bookstore and came across the book dedicated to Messiaen in the "Musiciens de tous les temps" collection published by Seghers. I bought it, and upon opening it at home, I discovered it bore a handwritten dedication... by Olivier Messiaen himself! I thought to myself that even in Besançon, this composer kept chasing after me. I often think of him, of his very... "bird-like" quality.
(Editor's note: At the Académie des Beaux-Arts, Régis Campo has sat since 2017 in Chair 7 of the musical composition section, previously occupied by Olivier Messiaen, Marius Constant, and Charles Chaynes.)
Working with the Besançon Conservatoire was a true joy: its director and teachers were extremely open-minded. Several of my works were adapted there. In particular, my pieces for young pianists, Galaxies, were rearranged into various unique configurations. These were wonderful opportunities to collaborate with very young children and teenagers at the beginning of their musical journeys. It is a unique experience: I absolutely love teaching! In fact, for over twenty years, I have been running a composition class at the legendary Marseille Conservatoire, an institution that shows incredible dynamism and originality. It is fascinating to observe youth to understand how they perceive the world and how their ears work. I have them listen to my very latest compositions and watch their reactions. They show amazing skill and resourcefulness. Plus, today they have access to so many things thanks to the Internet and social media—tools that didn't exist when we were fifteen!
What are your projects for the near future?
After the premiere in September at Bozar of the new version of Neanderthal Time by the fantastic harpist AnaĂŻs Gaudemard, I am currently finishing a work for the upcoming Ars Musica Festival in Brussels. This wild project was suggested to me by its artistic director, Patrick Leterme: a beatbox concerto that will pair a string orchestra—the Listening Orchestra—with the world-famous Belgian beatboxer FootboxG. It is a crucial milestone for me, as it will attract a very broad audience and foster a real encounter with today's creation. With FootboxG, I know I will be working alongside an incredible loose cannon; his solo part will leave him a magnificent space for freedom.
When will the premiere take place?
The Beatbox Concerto will first be performed on November 30 in LiĂšge, and then on December 2 in an atypical venue: Le Botanique in Brussels, a rock, pop, and hip-hop stage. It is an excellent thing for contemporary music to invite itself into unexpected everyday spaces where all kinds of audiences cross paths. And besides, I love the Belgians—just like the Quebecers, for that matter!—because they show wild generosity and inventiveness. They spontaneously come out to meet us and shake up the rules.
Interview conducted by Alain Cochard on August 28, 2026
« Cette identitĂ© sonore fait mouche aussi dans Delirium Scherzo. PiĂšce de concours ? La formule – avec ce qu’elle suppose souvent d’obligĂ©, si ce n’est de rasant – peut faire peur. Rien Ă  craindre avec RĂ©gis Campo qui a su concevoir une piĂšce ardue pour le chef – donc hautement rĂ©vĂ©latrice pour le jury ! – mais d’un plaisir d’Ă©coute total. Premier des trois finalistes, Yoneda dirige donc la crĂ©ation mondiale de l’ouvrage, dĂ©crite par son auteur comme une « passacaille joyeuse et implacable, presque mĂ©canique ». Il dompte le crescendo orchestral et les nombreux piĂšges d’une partition d’une douzaine de minutes, mais parvient surtout Ă  un rĂ©sultat irrĂ©sistible par la richesse et l’Ă©tonnante plasticitĂ© du son – permises par la rĂ©ponse enthousiaste continĂ»ment offerte par une phalange qu’il parvient Ă  impliquer dans sa totalitĂ©. »
Alain Cochard, Octobre 2025 - Concertclassic.com
🔗 https://www.concertclassic.com/article/59e-concours-international-de-jeunes-chefs-dorchestre-de-besancon-lasie-en-force-compte
Plus de prĂ©cisions sur l’organisation du 59e Concours : 
🔗 festival-besancon.com/59e-concours
Satoshi Yoneda © Yves Petit
Régis Campo: Delirium Scherzo for orchestra (2025) - world premiere, commissioned by the Festival de Besançon
Deutsche Radio Philharmonie Satoshi Yoneda, conductor Grand Prix of 59th Besançon International Competition for Young Conductors Théùtre Ledoux, Besançon 27/09/2025 レゾă‚č・ă‚«ăƒłăƒ:ă‚ȘăƒŒă‚±ă‚čăƒˆăƒ©ăźăŸă‚ăź《デăƒȘăƒȘォム・ă‚čă‚±ăƒ«ăƒ„ă‚©》(2025) ― äž–ç•ŒćˆæŒ”、フェă‚čăƒ†ă‚Łăƒăƒ«ć§”ć˜±äœœć“ æŒ”ć„:ăƒ‰ă‚€ăƒ„æ”Ÿé€ăƒ•ă‚Łăƒ«ăƒăƒŒăƒąăƒ‹ăƒŒçźĄćŒŠæ„œć›Ł æŒ‡æź:ç±łç”°èŠšćŁ« (珏59ć›žăƒ–ă‚¶ăƒłă‚œăƒłć›œéš›æŒ‡æźè€…ă‚łăƒłă‚ŻăƒŒăƒ« ă‚°ăƒ©ăƒłăƒ—ăƒȘć—èłžè€…) ć…ŹæŒ”æ—„:2025ćčŽ9月27æ—„
Satoshi Yoneda conducting Delirium Scherzo
đŸ”„❤️ 🎉(Re)dĂ©couvrez le parcours de Satoshi Yoneda (ç±łç”°èŠšćŁ«) , vainqueur du 59e Concours de jeunes chefs d'orchestre de Besançon ! 
🎬 RĂ©alisation & Montage : Vincent Vernier - CafĂ© Gourmand Production



 




 











 




 

 











      

 











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