✨📖 "RÉGIS CAMPO : UN VENT DE FRAÎCHEUR SUR LA MUSIQUE CONTEMPORAINE" L'EST RÉPUBLICAIN, 4 SEPTEMBRE 2026
Régis Campo : un vent de fraîcheur sur la musique contemporaine
"J’essaie de donner une image vivante du compositeur contemporain, pas celle d’un monsieur mort, avec une barbe blanche sur une vieille photo." Mission réussie pour Régis Campo à l’issue de ses deux années de résidence à Besançon. Il a insufflé un souffle de fraîcheur sur une musique souvent considérée comme aride. Trop savante, trop radicale lorsqu’elle s’affranchit de mélodie ou du rythme… Pour tout dire, parfois pénible à écouter.
Non, sous sa casquette d’apache et son verbe volubile hérités de ses racines marseillaises, le bonhomme a démontré que la musique contemporaine pouvait être accessible à tous. Aux mélomanes et aux néophytes, à ceux qui ont la connaissance et ceux qui ont font l'apprentissage. En deux ans, il a ainsi visité à de multiples reprises les classes du Conservatoire régional, histoire de transmettre sa joie et son énergie aux minots qui travaillent sur ses partitions. Le programme du 79e Festival international de musique, qui débute ce 11 septembre à Besançon, témoigne aussi de l'éclectisme d'un compositeur qui en pose aucune barrière autour de son art. Du Campo accommodé à toutes les sauces, en quatuor avec la formation Zaïde, en orchestre symphonique sous la baguette de Rémy Ballot, en quintette à cordes et trompette...
"La musique doit nous rendre heureux!"
On l'entendra aussi lors du spectacle Street Art à Planoise, associant des compositeurs au free running et au hip-hop. Et bien sûr, jeunes et moins jeunes découvriront sa relecture du Carnaval des animaux de Saint-Saëns, Zoo Circus, où il réquisitionne ses bêtes à lui. "Un tyrannosaure, des baleines tristes, une chevauchée fantastique de papillons, une polyphonie d'oiseaux inspirée de Vivaldi et un pic vert qui joue le pom-pom-pom-pooom de la Ve de Beethoven", s'amuse-t-il. Il a même glissé dans son livret une partition dédiée à un joueur de chicken toys, ces poules en caoutchouc émettant le bruit d'une cornemuse crevée...
Un dilettante qui travaille beaucoup
« La musique doit nous rendre heureux! » résume celui qui, étudiant au Conservatoire national de Paris, s'est beaucoup ennuyé pendant les cours trop magistraux de maîtres de la musique microtonale ou spectrale. Ses diplômes en poche, il s'est vite échappé vers d'autres univers, tout en conservant intacte sa passion pour des modernes comme Messiaen ou Dutilleux. « Faites ce que vous voulez !» lui a dit un jour un de ses profs. Pas besoin de le lui répéter. En "dilettante qui travaille beaucoup", Régis Campo écrit tous azimuts, pour des formations classiques comme pour des beatboxers, pour les grands et les petits, ose le mariage entre le clavecin et l'accordéon comme dans Pagamania !... Ou encore, réhabilite le thérémine, l'ancêtre des instruments électroniques, en le plaçant à l'avant-scène d'un orchestre symphonique, dans Dancefloor With Pulsing. Cette audace lui vaut une notoriété internationale et grand public, notamment sur les réseaux sociaux, et une Victoire de la Musique en 2025. Une reconnaissance de plus pour le Marseillais, déjà membre de l'Académie des beaux-arts, où il s'est lié d'amitié avec les réalisateurs Jean-Jacques Annaud et Coline Serreau.
«C'est une institution qui aide beaucoup les artistes. Le seul problème, c'est qu'il ne faut pas grossir, sinon on ne rentre plus dans le costume!»
Le compositeur n'a pour l'instant que peu écrit pour le cinéma mais l'idée lui trotte dans la tête. Il pourra compter pour cela sur les conseils de celui qu'il considère comme un génie: son « ami et mentor » Vladimir Cosma, l'homme qui a signé les musiques de centaines de films. du Grand Blond à Rabbi Jacob en passant par La Boum et Diva.
Un dilettante qui travaille beaucoup
« La musique doit nous rendre heureux! » résume celui qui, étudiant au Conservatoire national de Paris, s'est beaucoup ennuyé pendant les cours trop magistraux de maîtres de la musique microtonale ou spectrale. Ses diplômes en poche, il s'est vite échappé vers d'autres univers, tout en conservant intacte sa passion pour des modernes comme Messiaen ou Dutilleux. « Faites ce que vous voulez !» lui a dit un jour un de ses profs. Pas besoin de le lui répéter. En "dilettante qui travaille beaucoup", Régis Campo écrit tous azimuts, pour des formations classiques comme pour des beatboxers, pour les grands et les petits, ose le mariage entre le clavecin et l'accordéon comme dans Pagamania !... Ou encore, réhabilite le thérémine, l'ancêtre des instruments électroniques, en le plaçant à l'avant-scène d'un orchestre symphonique, dans Dancefloor With Pulsing. Cette audace lui vaut une notoriété internationale et grand public, notamment sur les réseaux sociaux, et une Victoire de la Musique en 2025. Une reconnaissance de plus pour le Marseillais, déjà membre de l'Académie des beaux-arts, où il s'est lié d'amitié avec les réalisateurs Jean-Jacques Annaud et Coline Serreau.
«C'est une institution qui aide beaucoup les artistes. Le seul problème, c'est qu'il ne faut pas grossir, sinon on ne rentre plus dans le costume!»
Le compositeur n'a pour l'instant que peu écrit pour le cinéma mais l'idée lui trotte dans la tête. Il pourra compter pour cela sur les conseils de celui qu'il considère comme un génie: son « ami et mentor » Vladimir Cosma, l'homme qui a signé les musiques de centaines de films. du Grand Blond à Rabbi Jacob en passant par La Boum et Diva.
Serge Lacroix, L'Est Républicain, 6 septembre 2026


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